Search and Hit Enter

Les raisons de la crédibilité du vaccin Spoutnik V énoncées par Bloomberg

Les raisons pour lesquelles il est possible de faire confiance au vaccin russe anti-Covid-19 Spoutnik V ont été expliquées par Bloomberg.

Comme l’indique un journaliste de l’agence, la Russie fait partie des fabricants de vaccins ayant conclu les plus importants contrats de pré-achats. Il cite également le fait que le vaccin a passé des essais de phrase III et que son efficacité a dépassé les 90% à toutes les étapes sans aucun cas grave.

Question de la technologie

La conception du vaccin a été particulièrement mise en valeur. En premier lieu, il s’agit de l’utilisation d’une technologie avancée, à l’instar de celle réalisée par le partenariat AstraZeneca-Université d’Oxford et Johnson & Johnson.

Ces vaccins à deux doses utilisent des vecteurs adénoviraux pour délivrer des gènes codant pour la protéine corona contenue dans le virus.

Le Spoutnik V présente une différence majeure avec les vaccins AstraZeneca et Johnson & Johnson: il utilise le même adénovirus que ce dernier pour la première dose (adénovirus 26) et un adénovirus différent (adénovirus 5) pour la deuxième. De cette manière, la possibilité d’affecter la capacité de la seconde dose est écartée.

Selon Bloomberg, une alternative potentiellement plus prometteuse serait d’essayer une combinaison d’adénovirus 26 pour la première injection et de vecteur adénoviral d’AstraZeneca, fabriqué à partir d’un adénovirus chimpanzé pour la seconde, ce qui est exactement ce que les deux groupes ont convenu de faire.

Comparaison avec le vaccin chinois

«En dépit de l’absence de résultats des essais de phase III (publiés dans les revues scientifiques, ndlr), tous les faits pris dans leur ensemble me donnent des raisons de penser que le vaccin Spoutnik V pourrait bien être un candidat aussi important que ceux créés dans les laboratoires occidentaux. On ne peut pas en dire autant de Sinovac, CoronaVac, qui est en cours d’essai en Turquie, au Brésil et en Indonésie», estime le journaliste.

Il a rappelé que le vaccin chinois, qui montre une efficacité de 50% à plus de 90%, est créé à base d’un virus mélangé à un adjuvant traditionnel appelé alun. La même technologie est utilisée par Valneva SE, société française de biotechnologies. Cependant, celle-ci se sert d’un adjuvant potentiellement plus puissant.

«Sur la base de ce que je sais jusqu’à présent, si je devais choisir entre les deux j’opterais pour un tour à bord du Spoutnik plutôt que pour un voyage vers les étoiles dorées de CoronaVac», conclut le journaliste.

Originaux: SPUTNIK

Remarques:

Un virologue allemand reconnaît les avantages d’un vaccin russe contre le Covid-19

Le Président de la Société allemande des virologues Ralf Bartenschlager a reconnu qu’il est plus facile de transporter les vaccins à adénovirus, comme Spoutnik V, que ceux à ARN messager, ce qui les rend préférables pour de nombreux pays.

L’utilisation des vaccins à ARN messager comme ceux de Pfizer et Moderna, qui doivent être transportés à des températures très basses, sera impossible dans certains pays, alors que ceux à adénovirus comme Spoutnik V n’ont pas cet inconvénient, assure Ralf Bartenschlager, président de la Société allemande des virologues, à la chaîne de télévision Rossiya 1.

«Les pays comme l’Allemagne n’auront pas trop de problèmes concernant le transport [de vaccins à ARNm, ndlr]. DHL et Lufthansa ont assez de réfrigérateurs et pourront transporter les vaccins à une température de moins 70 degrés. Mais pour de nombreux pays, c’est absolument irréalisable. Cela signifie qu’un vaccin à ARNm, du moins dans sa forme actuelle, ne convient pas à de nombreux pays, à la différence d’un vaccin à base d’adénovirus qui n’a pas besoin d’être réfrigéré à ce point et qui peut être lyophilisé», détaille le professeur à l’université de Heidelberg.

Spoutnik V, vaccin à base de deux vecteurs adénoviraux

Le ministère russe de la Santé a homologué le 11 août le premier vaccin au monde contre le Covid-19, développé par le Centre de microbiologie Gamaleïa avec le concours du Fonds russe d’investissements directs (RFPI).

Baptisé Spoutnik V, le vaccin utilise des vecteurs d’adénovirus humains, une plateforme bien connue dont les avantages sont la sécurité, l’efficacité et l’absence d’effets indésirables à long terme.

Au total, plus de 50 pays ont demandé à la Russie de leur fournir des doses du Spoutnik V. La Palestine, qui en recevra quatre millions en janvier, a déclaré avoir opté pour le Spoutnik V après avoir renoncé au vaccin de Pfizer, n’ayant pas d’équipements pour le stocker à moins 70 degrés.

Originaux: Sputnik