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Une scientifique proche d’un vaccin capable de s’adapter aux mutations du Covid-19

Une scientifique israélienne affirme avoir jeté les bases d’un vaccin contre le nouveau coronavirus qui devrait fonctionner même si le virus subit une mutation importante.

« Je pense que si le coronavirus mute, ce vaccin serait encore efficace », indique Milana Frenkel-Morgenstern au Times of Israël.

Mme Frenkel-Morgenstern, qui dirige le laboratoire de bio-informatique des maladies complexes de l’université Bar-Ilan, a déposé une demande de brevet américain provisoire pour ses recherches identifiant 25 épitopes qui, selon elle, peuvent renforcer l’immunité contre le Covid-19.

Elle explique que les épitopes – de minuscules segments de protéines qui font partie de courtes chaînes d’acides aminés connues sous le nom de peptides – peuvent être utilisés pour assurer une immunité. Une injection, orale ou nasale, contenant des épitopes préformés fabriqués synthétiquement incitera l’organisme à créer des anticorps et à stimuler les cellules T qui combattent le virus, ajoute-t-elle.

Mme Frenkel-Morgenstern pense que si une entreprise pharmaceutique adopte ses conclusions, qui viennent d’être publiées dans la revue Vaccines, elle pourrait les utiliser pour créer un vaccin et commencer à le tester dans un délai de six mois à un an. Elle précise qu’un tel vaccin réduirait la gravité de la maladie et conférerait une immunité, mais qu’il pourrait ne pas offrir la protection complète que d’autres équipes de vaccin s’attendent à obtenir.

Toutefois, elle assure que ses recherches pourraient avoir l’avantage de fournir un vaccin prêt à l’emploi susceptible de fonctionner si le virus subit une mutation importante. Il y a déjà eu beaucoup de minuscules mutations du SRAS-CoV-2, qui cause le Covid-19, mais bien qu’elles ne devraient pas affecter les vaccins prévus, on peut se demander si une mutation plus notable pourrait avoir un impact sur l’efficacité d’un vaccin.

La chercheuse a identifié les 25 épitopes qui, selon elle, conviendrait au vaccin en se basant sur des données et non sur des échantillons de virus prélevés en laboratoire. Chacun de ces épitopes a également été validé pour être utilisé dans les vaccins contre le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) lors de l’épidémie qui s’est produite il y a 18 ans. Les équipes chargées du SRAS ont finalement abandonné lorsque l’épidémie a pris fin.

Mme Frenkel-Morgenstern explique que les recherches portant sur les points communs entre deux coronavirus différents, le SRAS-CoV-1, qui a causé le SRAS, et le SRAS-CoV-2, suggèrent fortement que les épitopes resteront les mêmes dans les mutations du SRAS-CoV-2. Si plusieurs des épitopes qu’elle a identifiés sont inclus dans un vaccin, il est probable qu’il soit résistant aux mutations, indique-t-elle.

« J’ai été vraiment surprise de trouver une correspondance, avec tant d’épitopes identiques à 100 % entre le SRAS-CoV-1 et le SRAS-CoV-2 », confie-t-elle. « C’était une bonne découverte, étant donné qu’elle pourrait faire avancer le processus de développement d’un vaccin. »

Mme Frenkel-Morgenstern a suggéré qu’outre sa pertinence potentielle dans le cas de mutations, ses recherches pourraient produire un vaccin adapté aux personnes allergiques à d’autres vaccins contre les coronavirus, car plusieurs des épitopes ont été testés pour vérifier leur nature non allergène et non toxique.

Elle estime qu’un vaccin basé sur ses recherches pourrait également s’avérer être une option de repli importante si les vaccins actuellement en cours de développement – qui ont tendance à fonctionner de manière très différente de son concept, en ciblant souvent la protéine de pointe distinctive du SRAS-CoV-2 – mettent plus de temps que prévu à arriver sur le marché.

« De nombreux essais cliniques sont en cours pour les vaccins contre le Covid-19, mais s’ils se heurtent à des problèmes de sécurité, un vaccin peptidique est une bonne solution », ajoute Mme Frenkel-Morgenstern.

Originaux: TOI – Nathan Jeffay