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Violences «inacceptables»

Soignants, manifestants ou politiques ont déploré que les affrontements entre black blocs et forces de l’ordre à Paris fassent passer au second plan les revendications de la profession, qui réclame davantage de moyens pour le secteur de la Santé.

Ce 16 juin à Paris, la manifestation des soignants, descendus dans la rue afin de réclamer davantage de moyens après trois mois de crise sanitaire, a été assombrie par de violents affrontements. Selon un message publié par la préfecture de police sur Twitter, cette manifestation, autorisée, a été «gâchée par les exactions commises par des casseurs qui n’ont rien à voir avec les soignants». En particulier, la préfecture a pointé du doigt la présence de black blocs, individus vêtus de noir venus en découdre avec les forces de l’ordre.

La situation, qui a rapidement dégénéré en affrontement, le gaz lacrymogène répondant aux projectiles, a été déplorée par de nombreux manifestants venus pacifiquement protester pour faire entendre leurs revendications. Au micro de RT France, l’un d’eux souffle : «Cela m’attriste profondément parce que depuis le début, tout se passait correctement.» Qualifiant d’«inacceptables» les violences perpétrées, il poursuit : En arriver à attaquer les forces de l’ordre, je ne suis pas sûr que cela nous serve à quelque chose… Nous les forces de l’ordre […] on a du respect pour elles.»

«Leur mouvement a été volé par une série d’excités», estime de son côté Enrique Casalino, chef des urgences à l’Hôpital Bichat (APHP). Il se dit scandalisé par les casseurs qui ont infiltré le rassemblement et considère que les violences sont aux antipodes de leurs revendications.

Un soignant déplore lui aussi les affrontements : «Dès le premier rassemblement, c’est le même traitement qui est donné. Un jour on cogne sur les pompiers, aujourd’hui c’est les soignants. C’est du grand n’importe quoi.»

«On est systématiquement contre la violence, mais le pouvoir a décidé qu’il jouerait sur la violence», remarque un autre, y voyant une stratégie visant à décrédibliser la mobilisation des soignants.

Du côté des politiques, Florian Philippot, président du parti Les Patriotes a réagi : «Tiens les black blocs et antifas sont présents à la manif des soignants pour bien la gâcher. Ils n’étaient pas présents à la manif Traoré. Mais quelle incroyable coïncidence.»

Le député LR Eric Ciotti a de son côté déploré une «énième explosion de violence des antifas dans Paris en marge de la belle manifestation des soignants», appelant Christophe Castaner à «dissoudre ces groupes d’extrême gauche dès aujourd’hui».

De son côté, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a estimé : «Toutes les manifs de soignants se déroulent tranquillement partout dans le pays, sauf à Paris où Macron ordonne le tir de gaz lacrimo et de LBD sur les médecins, les soignants et les personnels qui lui ont tenu tête.»

«Nous demandons, au minimum, 15 milliards d’euros immédiatement»

Au micro de RT France, Christian Prudhomme, médecin urgentiste au SAMU et responsable CGT, s’est interrogé sur la raison de ces troubles, dus selon lui à quelques dizaines d’«agitateurs». «Pourquoi la police les laisse agir ?», a-t-il ensuite demandé, estimant que ces incidents masquaient les réelles revendications d’une majorité de manifestants.

Christian Prudhomme s’est ensuite exprimé sur les motivations de la colère des soignants, mobilisés depuis de longs mois et particulièrement éprouvés par la crise du Covid-19. Evoquant plusieurs centaines de milliers de manifestants, présents dans plus de 200 rassemblements, le syndicaliste explique :

«Nous demandons, au minimum, 15 milliards d’euros immédiatement pour répondre aux revendications concernant les effectifs et les salaires.»

Et de conclure :

«Ça paraît une somme importante mais c’est ce qu’a proposé le gouvernement il y a quelques jours uniquement pour un secteur d’activité qui est l’industrie aéronautique. Est-ce que l’hôpital, le secteur de santé et l’action sociale n’est pas aussi important que le secteur aéronautique ?»

Originaux: RT – Fr